L’éolien flottant, un pari technologique

L’utilisation du vent n’est pas nouvelle. Nous savons qu’en -4000 avant J-C, l’homme apprenait à maîtriser le vent pour naviguer sur la mer via des radeaux de fortune.

L’énergie éolienne était utilisée pendant des siècles pour le travail mécanique. Les moulins à vent permettaient de moudre les céréales, d’assécher les polders et d’irriguer les cultures.
Aujourd’hui, l’énergie éolienne se développe afin de produire de l’énergie électrique. Cette énergie propre qui utilise la force cinétique du vent représente un intérêt de plus en plus vif. En effet, la prise de conscience générale concernant la protection de l’environnement et le coût que peut revêtir certaines énergies comme le pétrole (notamment avec le premier choc pétrolier de 1973) poussent les pays à rechercher des solutions alternatives.
L’amélioration technique de l’éolienne n’a cessé de croître durant les dernières décennies. D’abord développé sur terre, l’éolien est maintenant implanté en mer et cela depuis 1971 au Danemark.
Sur l’eau, nous distinguons deux formes d’éoliennes :
-L’éolienne « classique » qui est posée grâce à des fondations sur le plancher océanique.
-Et plus récemment, l’éolienne flottante ; turbines fixées sur une structure flottante sur l’eau.
En 2009, le groupe pétrolier norvégien Statoilhydro a installé la première éolienne flottante Hywind puis ce fût le tour de la compagnie d’électricité portugaise EDP avec le prototype Windfloat en 2011.
C’est dans ce contexte d’avancée technologique et d’une volonté de développement des énergies propres que l’éolien flottant prend son essor.

Les avantages sont nombreux.
Contrairement à l’éolienne en mer dite « classique », l’éolienne flottante peut être installée loin en mer où les vents sont plus forts et réguliers. Ainsi de nouvelles zones s’ouvrent à l’installation d’éoliennes notamment dans la mer Méditerranée et au niveau des côtes atlantiques, là où l’on trouve rapidement des fonds marins importants.
La possibilité d’installer les éoliennes flottantes jusqu’à 200 mètres de profondeur est à l’étude et suscite l’enthousiasme lorsque l’on sait qu’au-delà de 30 à 40 mètres de profondeur, les éoliennes classiques ne sont plus rentables.
De plus, l’éloignement des côtes des éoliennes répondrait aux problèmes de défiguration du littoral et aux conflits d’usage avec les pêcheurs.

Témoin de cet intérêt porté à l’éolien flottant, la commission européenne a lancé un appel d’offres de 1,2 milliards d’euros pour des projets d’énergie renouvelables (solaire, éolien et hydraulique). Et parmi 23 projets sélectionnés, un projet français d’éolien flottant a été sélectionné.


VertiMed prévoit la construction d’un site de 13 éoliennes flottantes au large de Marseille d’ici 2016. Pour ce faire,  ce projet porté par EDF Energies Nouvelles bénéficiera d’un financement européen de 37 millions d’euros pour un budget total de 130 millions d’euros.
C’est la start-up lilloise Nenuphar qui a mis au point une éolienne de 2 mégawatts à pales verticales tournant autour d’un axe lui-même vertical afin de répartir le poids vers le bas, ce qui permet d’avoir une structure de flotteur moins volumineuse.

Plusieurs projets autour de l’éolien flottant se développent dans le monde (Italie, Allemagne, Royaume-Uni, Etats-Unis) et en France.

Le projet de l’entreprise bretonne Nass&Wind Industrie propose l’éolienne Winflo d’une puissance de 2,5 mégawatts. Sa plateforme semi-submergée sera ancrée au fond marin par des caténaires. Un prototype sera installé au large de la Bretagne et raccordé au réseau électrique en 2013.
Cependant, l’éolien flottant ne présente pas que des avantages.
En effet, ce pari technologique est aussi un pari économique.
D’abord, il faut réussir à concevoir des flotteurs stables permettant de résister à des conditions météorologiques difficiles. Mais aussi des flotteurs solides pouvant supporter des centaines de tonnes (un mât peut atteindre jusqu’à 100 mètres de hauteur).
Ensuite, économique. L’objectif est d’atteindre d’ici 2020 le même prix de l’énergie des éoliennes offshores fixes. Pour comparaison, le coût de l’éolien terrestre s’élève à 82 euros le MWh et celui en mer entre 150 et 200 euros.

L’éolien flottant a donc encore ses preuves à faire, mais ses particularités ouvrent de nouvelles perspectives qui valent la peine d’être développées.

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